Cette page recense les mots clés du site Alténoïa, conçu pour vous donner accès à toutes les informations essentielles sur mes activités d'hypnothérapeute et maître praticien en hypnose ericksonienne. Les définitions que je propose n'ont aucune prétention encyclopédique. Elles ont seulement pour but de clarifier, avec autant de justesse et de simplicité que possible, le sens des termes les plus récurrents de ce site. Si vous abordez cette page directement, j'ai opté pour un classement par ordre alphabétique pour faciliter votre navigation — ce qui me permet de commencer par définir Alténoïa, que vous ne retrouverez pour l'instant dans aucun dictionnaire, puisque c'est un néologisme dont je suis l'auteur.
Ce lexique est vivant — il s'enrichira au fil des questions posées par les visiteurs de ce site.
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Néologisme. Du latin alter (l'autre, le différent) et du grec noïa / noûs (l'esprit, la conscience, l'intelligence profonde). Concept exclusif dont je suis l'auteur. Vous ne le trouverez dans aucun dictionnaire — pour l'instant...
Il y a des mots qui précèdent leur définition. Alténoïa est de ceux-là.
Avant d'être le nom de mon entreprise individuelle d'hypnothérapie à Saint-Denis, c'est une idée. Une intime conviction, même. Celle qu'en chacun de nous réside un passager clandestin — cette part de soi qu'on n'écoute plus, ou qu'on n'a jamais vraiment écoutée. Cet Autre qui sait, lui, ce dont on a besoin. Cet Autre que certains appelleront l'inconscient, que d'autres reconnaîtront dans cette petite voix qui parle juste avant qu'on s'endorme — celle qu'on fait taire parce qu'on n'a pas le temps...
Arthur Rimbaud l'avait pressenti avant même d’atteindre 17 ans, l’âge où « on n’est pas sérieux », dans une de ses lettres de "Voyant" restée célèbre : « Je est un autre. » Ce n'est pas une faute de grammaire. C'est peut-être la formulation la plus juste jamais trouvée sur la nature de l'esprit humain. En hypnose ericksonienne, cette fulgurance n'est pas une provocation littéraire — c'est une boussole.
La construction du mot
Alter, en latin, ne signifie pas simplement l'autre au sens de l'étranger. C'est l'autre de deux — l'autre versant de soi-même, le possible non encore advenu. La part qu'on ignore, qu'on redoute, ou qu'on a simplement perdue de vue.
Noïa, du grec noûs — l'esprit, l'intelligence, la faculté de percevoir au-delà du visible. La même racine que dans métanoïa — ce changement profond d'esprit que les Grecs opposaient à la simple accumulation de savoirs. Changer de noûs, c'est changer de regard, pas seulement d'avis.
Alténoïa, c'est donc littéralement : la connaissance de soi par la rencontre avec l'autre en soi. Ou plus simplement : changer en se rencontrant.
Le cinéaste Jim Jarmusch, dans The Limits of Control, formulait cette même intuition autrement : "Sometimes the reflection is far more present than the thing being reflected." Parfois le reflet est bien plus présent que ce qu'il reflète. C'est exactement cela — cette part de nous que nous ne voyons que de biais, dans un miroir, dans l'eau, et qui en dit plus long que le visage qu'on croit connaître.
Ce que ce nom contient
Alténoïa est construit en écho à la métanoïa grecque — la conversion du regard sur soi. Mais là où la métanoïa insiste sur le résultat (le changement), Alténoïa insiste sur le moyen : c'est en explorant cette altérité intérieure — cet inconscient bienveillant, ce réservoir de ressources et d'intelligence adaptative — que le changement devient possible, durable, libre.
Baudelaire, dans Le Voyage, invitait à "plonger au fond de l'Inconnu (...) pour trouver du Nouveau." Pas pour s'y perdre — pour en revenir différent, enrichi de ce qu'on ignorait de soi-même.
C'est exactement ce que propose une séance d'hypnose ericksonienne : non pas un voyage vers l'extérieur, mais une traversée intérieure. Le praticien n'est pas le capitaine — il est le phare. Vous restez aux commandes.
Alténoïa comme pratique
Dans ma conception de votre accompagnement, Alténoïa se décline en trois temps qui forment un triptyque :
Se rencontrer — prendre le temps d'écouter ce qui se passe vraiment, à l’écart du bruit ordinaire.
Se ressourcer — accéder aux ressources déjà présentes, souvent enfouies sous la surcharge, la pression ou les habitudes.
Se révéler — non pas devenir quelqu'un d'autre, mais redevenir soi-même — plus pleinement, plus librement.
🔎 Imaginez un iceberg. La partie visible, c'est votre vie consciente — vos pensées, vos décisions, votre agenda chargé. La partie immergée, infiniment plus vaste et plus ancienne, c'est ce qu'Alténoïa cherche à éclairer. Pas pour la mettre à nu. Pour que vous sachiez qu'elle est là — et qu'elle travaille constamment pour vous.
→ Voir aussi dans ce lexique : Altérité · Inconscient · Phare · Hypnose ericksonienne · Ressources internes
Milton H. Erickson — Le sage de Phoenix
1901–1980 · Psychiatre, psychothérapeute américain. Fondateur de l'hypnothérapie moderne.
Il y a des personnages dont la vie contient déjà toute leur théorie.
Milton Hyland Erickson naît en 1901 dans le Wisconsin, dans une famille de fermiers. À 17 ans, il contracte une poliomyélite sévère. Les médecins estiment qu'il ne survivra pas. Il survit. Puis il apprend que ses jambes ne fonctionneront plus. Il réapprend à marcher — seul, par observation minutieuse des mouvements de sa petite sœur, par imitation interne, par une forme de travail mental sur son propre corps que, des années plus tard, il appellera lui-même une première expérience d'autohypnose.
À 51 ans, une seconde attaque de polio le cloue définitivement dans un fauteuil. Il continue d'exercer, de former, de recevoir des patients du monde entier jusqu'à sa mort en 1980, à Phoenix, Arizona — la ville du phénix. La coïncidence géographique ne manque pas d'à-propos.
Ce qu'Erickson a changé
Avant Erickson, l'hypnose était essentiellement directive — le praticien ordonnait, le patient obéissait. "Dormez, je le veux." Erickson a tout renversé.
Sa révolution tient en quelques principes simples et radicaux. Premier principe : chaque personne est unique. Il n'existe pas de protocole standard applicable à tous — il n'existe que cette personne-là, à ce moment-là, avec son histoire, son langage, ses ressources propres. Deuxième principe : l'inconscient est bienveillant. Ce n'est pas un réservoir de menaces refoulées — c'est un réservoir de solutions et d'intelligence adaptative. Troisième principe : le changement ne s'impose pas, il se permet. Le thérapeute ne guérit pas — il crée les conditions pour que la personne guérisse elle-même.
À voir ➤ Hypnose Ericksonienne : Les 5 Révolutions de Milton Erickson
Sa méthode : un langage indirect, des métaphores, des histoires, des suggestions permissives. Il conversait, racontait, observait. Il travaillait avec la résistance plutôt que contre elle. Il utilisait tout — les silences, les hésitations, les contradictions — comme matière thérapeutique.
Josick Guermeur, fondateur de Xtrëma dont j'ai suivi le cursus de formation, revendique un enseignement "radical, modernisé, au plus près de l'esprit de Milton H. Erickson". Betty Alice Erickson, fille de Milton, en a elle-même confirmé la fidélité.
Une formule, une pratique
Quand on lui demandait comment apprendre les techniques de l'hypnose, Erickson commençait toujours par la même recommandation : "Développez votre propre technique. N'essayez pas d'utiliser celle de quelqu'un d'autre. Be your own natural self." Soyez vous-même naturellement. Voilà peut-être la définition la plus juste de ce qu'il enseignait — et de ce qu'Alténoïa essaie de transmettre.
🔎 Erickson était daltonien, dyslexique, dysmusique — incapable de distinguer les tons musicaux. Ces "défauts" l'avaient contraint à observer les gens avec une acuité hors du commun pour comprendre ce que les autres saisissaient intuitivement. Il a su transformer ces limitations en puissantes capacités de perception.
→ Voir aussi dans ce lexique : Hypnose ericksonienne · Autohypnose · Suggestion · Transe · Ressources internes
Étymologie : latin alteritas, de alter — l'autre. Ce qui est différent de moi, étranger à ma conscience ordinaire.
L'altérité, c'est la qualité de ce qui est autre. En philosophie, elle fonde toute relation — à autrui, au monde, et à soi-même. On ne peut se voir que si quelque chose en nous sert de miroir.
En hypnose ericksonienne, l'altérité intérieure désigne cette intelligence inconsciente qui opère en coulisses — qui a mémorisé tout ce que vous avez vécu, tout ce que vous savez faire, et qui détient souvent les solutions que votre tête cherche en vain depuis des semaines.
🔎 C'est comme si vous aviez un assistant ou un copilot intérieur extraordinairement compétent — mais que vous ne lui aviez jamais demandé son avis. Une séance d'hypnose, c'est l'opportunité d'une vraie conversation avec lui.
→ Voir aussi : Alténoïa
Étymologie : de ancre, latin ancora, grec ankura — ce qui retient le navire, ce qui l'empêche de dériver. Un ancrage est un point fixe dans un monde mouvant.
En hypnose ericksonienne, un ancrage est une association créée intentionnellement entre un état intérieur — calme, confiance, énergie, clarté — et un stimulus précis : un geste, une pression sur un point du corps, une image mentale, un mot ou une respiration particulière. Une fois l'ancrage installé et renforcé, reproduire le stimulus suffit à réactiver l'état.
La technique est directement inspirée du conditionnement classique — le même mécanisme que celui qui vous fait saliver à l'odeur d'un plat familier, ou sourire en entendant une chanson liée à un souvenir heureux. La différence : l'ancrage thérapeutique est créé volontairement, au moment où l'état souhaité est vécu pleinement, pour qu'il soit mobilisable à la demande.
C'est l'un des outils les plus utiles de l'autohypnose : vous n'avez pas toujours le temps d'entrer dans une séance complète. Mais vous avez toujours le temps de poser deux doigts sur votre poignet et de retrouver en quelques secondes l'état de calme que vous y avez ancré — dans les transports, dans une salle d'attente, avant une réunion difficile, avant de monter sur scène, pour trouver facilement le sommeil...
🔎 Vous utilisez déjà des ancrages involontaires : l'odeur du café du matin qui réveille, la chanson qui ramène instantanément à un souvenir, le pull de votre enfance qui apaise. L'ancrage thérapeutique, c'est la même mécanique — mise au service de ce que vous choisissez de ressentir.
→ Voir aussi : Autohypnose, Suggestion, Ressources internes
Étymologie : latin anxietas, de angere — serrer, étouffer, étrangler. Littéralement : l'état de celui qui se sent serré à la gorge.
L'anxiété est une inquiétude tournée vers l'avenir — une réponse à ce qui pourrait arriver, à l'incertain, au contrôle impossible des événements à venir. À dose modérée, elle est utile : elle prépare l'action. En revanche, quand elle s'emballe, elle épuise.
La différence avec la peur : la peur a un objet précis et présent (le chien qui grogne devant vous). L'anxiété est diffuse, anticipatoire, parfois sans objet clairement identifiable — ce qui la rend souvent plus difficile à gérer.
🔎 L'anxiété, c'est votre cerveau qui joue en boucle le film catastrophe d'un événement qui n'a pas encore eu lieu — et que vous ne pouvez pas éteindre. L'hypnose apprend à changer de chaîne.
→ Voir aussi : Stress, Émotion, Autohypnose
Étymologie : grec autos (soi-même) + hypnos (du grec ancien hupnos, signifiant « sommeil », et fait référence à Hypnos, le dieu grec du sommeil dans la mythologie). Se mettre soi-même dans un état d'attention intérieure.
Toute hypnose est, en réalité et en définitive, de l'autohypnose. Personne ne peut vous hypnotiser sans votre coopération. Le praticien vous guide, mais c'est vous qui faites le chemin. L'autohypnose au sens strict, c'est apprendre à faire cheminer en autonomie, sans intermédiaire, quand vous en avez besoin.
C'est l'outil central d'Alténoïa. L'objectif d'une séance n'est pas que vous reveniez indéfiniment — c'est que vous repartiez avec quelque chose que vous pouvez pratiquer seul.e. En toute confiance. Régulation du stress, amélioration du sommeil, concentration, préparation mentale : l'autohypnose s'apprend en quelques séances.
Il existe une multitude de techniques et de méthodes pour pratiquer l'autohypnose. Une des plus connue est la méthode d'induction de Betty Erickson, souvent appelée spirale des sens ou technique 3-2-1. C'est une approche d'autohypnose permissive qui utilise la focalisation sensorielle pour induire la transe.
🔎 Vous pratiquez déjà l'autohypnose sans le savoir : quand vous respirez profondément avant une réunion difficile, quand vous vous répétez mentalement "ça va aller", c'est déjà une forme rudimentaire d'autohypnose. Grâce aux séances comme aux ateliers, elle s'apprend, devient une compétence, qui s'entretient comme une pratique sportive ou artistique.
→ Voir aussi : Hypnose, Hypnose ericksonienne, Ancrage
L'étymologie remonte au latin addicere, composé de ad (« à ») et dicere (« dire »), signifiant littéralement « dire à » ou « s'adonner à ». Dans la Rome antique, l'adjectif addictus désignait spécifiquement un esclave pour dette : un débiteur incapable de payer était juridiquement « dit à » son créancier, devenant ainsi sa propriété jusqu'à remboursement de la dette. Une addiction, c'est être livré à quelque chose malgré soi.
Une addiction est une dépendance à une substance ou à un comportement, caractérisée par une perte partielle ou totale du contrôle malgré la conscience des conséquences négatives. On distingue les addictions avec substance (tabac, alcool, drogues) des addictions comportementales (jeu, écrans, sport compulsif, achat, etc.).
Le mécanisme est neurologique : la substance ou le comportement active le circuit de récompense — libération de dopamine — créant une association entre le stimulus et un soulagement ou un plaisir immédiat. Avec le temps, le cerveau s'adapte et demande des doses croissantes pour produire le même effet. Ce qui était un choix devient une contrainte.
L'hypnose ericksonienne n'est pas une solution magique contre les addictions. Elle agit sur les mécanismes de déclenchement — les situations, les émotions, les pensées automatiques qui précèdent la consommation — et sur la capacité à imaginer un rapport différent à la substance. L'arrêt du tabac est l'application la plus connue : une seule séance bien conduite peut suffire lorsque la motivation est sincère.
🔎 L'addiction, c'est quand la solution d'hier est devenue le problème d'aujourd'hui. Ce qui soulageait au départ — le stress, la solitude, la douleur — finit par en créer davantage. L'hypnose aide à trouver d'autres chemins vers le même soulagement. Sans effets nocifs ni dépendance.
→ Voir aussi : Autohypnose, Ressources internes, Suggestion
Étymologie : anglais to burn out — se consumer jusqu'à l'extinction. La métaphore de la flamme qui s'éteint faute de carburant.
Le burn-out est un épuisement professionnel reconnu par l'OMS comme syndrome lié au stress chronique au travail. Il se manifeste par trois dimensions : épuisement physique et émotionnel, détachement cynique, perte du sentiment d'efficacité personnelle.
En France, le baromètre Empreinte Humaine 2025 indique que 45% des salariés sont en état de détresse psychologique. L'hypnose ericksonienne et l'autohypnose interviennent en prévention — avant l'effondrement — et en accompagnement, pour restaurer les ressources. Elles ne traitent pas les causes organisationnelles, mais agissent sur la capacité individuelle à réguler et récupérer.
🔎 Le burn-out, ce n'est pas de la faiblesse. C'est le résultat qui survient quand on a donné trop longtemps de soi à des conditions qui ne le permettaient pas. La différence entre un héros et une personne en burn-out, c'est souvent juste l'absence d'outil pour récupérer et se protéger.
→ Voir aussi : Stress, RPS
Étymologie : L'origine du verbe changer remonte au bas latin cambiare (signifiant « troquer, échanger »), lui-même issu du latin cambire. Ce terme serait d'origine celtique (racine indo-européenne *kemb- signifiant « plier, courber »), ayant évolué sémantiquement de « tourner » à « changer » puis à « échanger ». Changer, c'est prendre une autre trajectoire.
Le changement est au cœur de toute démarche thérapeutique. Mais pas n'importe quel changement : dans la philosophie ericksonienne, il ne s'impose pas de l'extérieur — il s'éveille de l'intérieur. Il ne suit pas un protocole — il émerge à la rencontre entre les ressources de la personne et les conditions que le praticien crée. Le changement ne se commande pas, il se permet. Le rôle du thérapeute est de favoriser le changement — pas de le produire à la place de la personne.
🔎 Changer, ce n'est pas devenir quelqu'un d'autre. C'est souvent redevenir soi-même — avant que la pression, les habitudes ou les peurs aient trop réduit le champ des possibles. C'est remettre en mouvement, dans le flux de la vie, cette part de nous restée trop longtemps figée ou ankylosée dans un carcan rigide.
Étymologie : latin confidere — avoir pleinement foi en. De cum (avec, ensemble) et fidere (faire confiance). Fides : la foi, la fiabilité, ce sur quoi on peut compter. Se faire confiance, c'est se compter parmi les choses fiables.
La confiance en soi est la conviction, fondée sur l'expérience et l'image de soi, qu'on est capable de faire face aux situations qui se présentent. Ce n'est pas l'arrogance — croire qu'on réussira quoi qu'il arrive. Ce n'est pas la certitude — savoir d'avance le résultat. C'est la foi dans sa propre capacité à s'adapter, à apprendre, à rebondir.
Elle se construit dans l'expérience et se fragmente dans l'échec répété, la comparaison, le regard dévalorisateur des autres — ou simplement dans l'accumulation de situations où l'on s'est senti dépassé sans avoir eu les outils pour faire autrement. Les croyances limitantes — ces phrases intérieures comme 'je ne suis pas capable', 'ça ne marchera jamais pour moi' — sont souvent les héritières d'expériences mal digérées plutôt que de vérités objectives.
L'hypnose ericksonienne travaille sur ces croyances — non pas en les contredisant frontalement (ce qui renforce souvent la résistance), mais en rouvrant l'accès à des expériences passées de réussite, de capacité, de dépassement. En faisant revivre ces états en séance, on crée les conditions pour que la confiance retrouve des racines concrètes.
🔎 La confiance en soi, c'est comme un muscle : elle s'affaiblit si on ne l'utilise pas, et elle se renforce dès qu'on lui donne l'occasion de prouver quelque chose — même petit, même imparfait. La perfection n'est pas la condition de la confiance. C'est souvent son ennemi.
→ Voir aussi : Ressources internes, Ancrage, Autohypnose
Étymologie : latin dissociatio — séparation, de dis (séparation) et socius (associé, lié). Dissocier, c'est désolidariser ce qui était lié.
En hypnose ericksonienne, la dissociation est une technique et un phénomène naturel : la capacité à observer une expérience depuis une position détachée, comme si on la regardait de l'extérieur plutôt que de la vivre de l'intérieur. C'est le principe du "pas de recul" — se regarder dans une situation comme on regarderait un film, avec une distance qui permet de percevoir sans être submergé.
La dissociation naturelle — spontanée — est ce que vous vivez quand vous "décrochez" mentalement d'une situation difficile, quand vous pilotez automatiquement votre corps pendant que votre esprit est ailleurs, ou quand vous vous remémorez un souvenir pénible sans en ressentir toute l'intensité émotionnelle originelle. L'hypnose l'utilise intentionnellement pour permettre de travailler sur des sujets sensibles — phobies, traumatismes, douleurs chroniques — avec suffisamment de distance pour que le travail soit possible sans reviviscence complète de l’événement traumatique.
N.B. À distinguer de la dissociation pathologique — trouble dissociatif de l'identité, états dissociatifs sévères — qui relève du domaine médical et psychiatrique.
🔎 Imaginez regarder votre propre vie comme un film sur grand écran. Vous voyez le personnage principal traverser une épreuve — vous ressentez de l'empathie pour lui, vous comprenez ce qui se passe — mais vous n'êtes pas dedans. C'est la dissociation utile : suffisamment de distance pour voir clairement, assez de lien pour pouvoir changer quelque chose.
→ Voir aussi : Transe, Traumatisme, Hypnose ericksonienne
Étymologie : latin emovere — mettre en mouvement, ébranler. De e (hors de) et movere (bouger). Une émotion, c'est ce qui vous sort de votre immobilité.
L'émotion est une réponse physiologique, cognitive et comportementale à un événement perçu comme significatif. Elle précède la pensée et la conditionne. Les six émotions primaires universelles identifiées par Paul Ekman — joie, tristesse, colère, peur, dégoût, surprise — ne sont pas des ennemies à éliminer : ce sont des informations à lire.
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à supprimer les émotions mais on invite la personne à en recueillir le message. On travaille sur les associations qui les déclenchent de façon disproportionnée et sur la capacité à les traverser sans en être submergé. C'est ce qu'on appelle la régulation émotionnelle.
🔎 Imaginez une émotion comme une vague. On ne peut pas empêcher les vagues d'exister — mais on peut apprendre à surfer plutôt qu'à se noyer.
→ Voir aussi : Anxiété, Stress, Régulation émotionnelle
Étymologie : anglais flow — couler, s'écouler. Concept introduit par le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi dans les années 1970. En français, on parle parfois d'état de fluidité ou d'état optimal d'expérience.
Le flow est un état de conscience particulier dans lequel une personne est totalement absorbée par une activité — au point d'oublier le temps, les distractions, parfois même sa propre identité. On est dedans, pleinement, sans effort apparent. Les sportifs de haut niveau, les musiciens, les artisans, les chirurgiens, les écrivains le connaissent bien — ces moments où tout coule, où les gestes s'enchaînent sans qu'on y pense, où la performance dépasse l'ordinaire.
Cet état se caractérise par plusieurs éléments clés :
Équilibre compétences/défis : la tâche doit être suffisamment difficile pour engager l'attention, mais réalisable pour éviter l'anxiété ou l'ennui.
Motivation intrinsèque : l'activité est réalisée pour le plaisir et la satisfaction qu'elle procure, et non pour une récompense externe.
Feedback immédiat : la personne reçoit des informations directes sur sa performance, lui permettant de s'ajuster en temps réel.
Sentiment de contrôle : une sensation de maîtrise sur l'action et les résultats.
C'est un état mental de concentration intense et d’immersion totale dans une activité, où la personne perd la notion du temps et de soi-même. Il est proche, par certains aspects, de l'état hypnotique léger.
En préparation mentale, l'autohypnose permet de recréer intentionnellement les conditions du flow — notamment pour les sportifs, les artistes et les professionnels soumis à des enjeux de performance. On n'apprend pas à entrer en flow ou en transe hypnotique par la volonté — mais on peut apprendre à en reconnaître les conditions et à les favoriser.
🔎 Vous connaissez le flow : c'est ce moment où vous cuisinez, courez ou jouez de la musique et que vous relevez la tête en vous demandant comment deux heures ont pu passer en ce qui vous semblait être vingt minutes. Ce n'est pas de la magie — c'est votre cerveau à son meilleur.
→ Voir aussi : Autohypnose, Préparation mentale, Ondes cérébrales, Transe
Étymologie : grec hypnos — repos profond de l'attention. Terme introduit par James Braid en 1842, qui reconnut lui-même très vite l'impropriété du mot. Trop tard — il était déjà entré dans l'usage.
L'hypnose n'est pas ce que vous avez vu à la télévision. Ce n'est pas le sommeil (vous entendez tout), ce n'est pas la perte de contrôle (vous pouvez arrêter quand vous voulez), ce n'est pas de la magie: c'est de la neurologie ordinaire.
L'hypnose n'est pas un état "modifié" de conscience — comme si quelqu'un avait hacké votre cerveau ou trafiqué votre logiciel. C'est un état à part entière, aussi naturel que la veille ou le sommeil.
Milton H. Erickson le formulait ainsi : l'hypnose est un contexte favorable à l'apprentissage — pas un état mystérieux réservé aux esprits faibles ou aux sujets hautement suggestibles.
Le psychiatre Léon Chertok fut l'un des premiers à le formuler clairement : l'hypnose est le quatrième état naturel de l'organisme — aux côtés de la veille, du sommeil et du rêve. Pas une anomalie, pas une exception, pas un état second. Un état que votre corps et votre cerveau produisent naturellement, régulièrement, et sans avoir besoin de vous demander la permission.
François Roustang, philosophe et praticien, l'a décrit avec une précision rare sous le concept de veille paradoxale : un état dans lequel le corps est au repos et le mental disponible — ni endormi ni en activité ordinaire — une forme de présence à soi-même dont la qualité d'attention est différente, plus ouverte, moins défensive. Paradoxale parce qu'on est à la fois ici et ailleurs, présent et intérieur, immobile et en mouvement profond.
Cet état de focalisation souple de l'attention — tourné vers l'intérieur plutôt que vers l'extérieur — dans lequel l'accès aux ressources inconscientes devient plus fluide, vous y êtes déjà plusieurs fois par jour : quand vous conduisez sur pilote automatique, quand vous êtes absorbé par un livre au point d'oublier l'heure, quand vous rêvassez sous la douche...
🔎 Si vous avez déjà regardé fixement un point sans le voir, perdu dans vos pensées, au point que quelqu'un doive répéter votre prénom deux fois — vous venez de vivre une hypnose spontanée. On va juste apprendre à faire ça à dessein.
Étymologie : adjectif dérivé de Milton H. Erickson (1901-1980), psychiatre américain. Erickson ne faisait pas "d'hypnose ericksonienne" — il faisait de l'hypnose à sa façon, en invitant chacun à faire de même.
L'hypnose ericksonienne n'est pas une technique — c'est une philosophie de la relation. Elle part d'un postulat simple : vous avez déjà en vous ce dont vous avez besoin. Le praticien ne guérit pas — il crée les conditions pour que vous accédiez à ce que vous savez déjà faire.
Ses caractéristiques : approche entièrement individualisée (pas de protocole standard), langage métaphorique et indirect, suggestions permissives plutôt que directives, confiance absolue dans les ressources de la personne. S'ajoutent à cela une certaine dose d'humour et de légèreté dans la façon d'aborder les problèmes les plus sérieux.
L'hypnose ericksonienne est l'art de créer les conditions dans lesquelles quelque chose de nouveau peut apparaître — sans qu'on sache à l'avance ce que ce sera.
🔎 C'est la différence entre un GPS qui vous donne le chemin et un guide qui connaît le terrain et vous fait confiance pour trouver votre propre route. L'un est efficace. L'autre est transformateur.
→ Voir aussi : Milton H. Erickson, Hypnose, Autohypnose, Suggestion
Étymologie : latin in (privatif) + conscientia — ce qui échappe à la connaissance partagée avec soi-même. Ce que l'on sait sans savoir qu'on le sait.
Attention : l'inconscient d'Erickson n'est pas celui de Freud. Ce n'est pas le réservoir obscur des pulsions refoulées et des traumatismes enfouis. C'est un réservoir de ressources, d'intelligence adaptative et de compétences accumulées — tout ce que vous avez appris, vécu et intégré sans en avoir toujours conscience.
Erickson le définissait comme bienveillant par nature. Il sait comment vous avez appris à marcher, à lire, à conduire. Il sait comment vous avez traversé les épreuves passées. Il détient souvent les solutions que votre mental conscient cherche en vain depuis des semaines.
🔎 Votre inconscient, c'est un peu comme une base de données : il a sauvegardé et indexé toute votre vie. Encore faut-il savoir taper la bonne requête. C'est à ça que sert l'hypnose — apprendre à formuler la question juste qui permet d'accéder aux ressources qui sont ancrées en nous.
→ Voir aussi : Altérité, Ressources internes, Hypnose ericksonienne
Étymologie : latin meditatio — réflexion, exercice, de meditari — s'exercer, réfléchir, se préparer. À l'origine, méditer ne signifiait pas "ne rien penser" mais "s'entraîner" — comme un acteur qui médite son rôle.
La méditation est une pratique d'attention et de présence à soi-même, développée depuis des millénaires dans de nombreuses traditions — bouddhiste, hindoue, stoïcienne, chrétienne. Dans ses formes contemporaines laïcisées — notamment la pleine conscience ou mindfulness — elle vise à observer le flux des pensées et des sensations sans s'y attacher, sans les juger, sans chercher à les modifier.
La différence principale avec l'hypnose : la méditation vise à observer sans intervenir — l'hypnose vise à mobiliser pour produire un changement précis.
La méditation est une pratique ouverte, sans objectif thérapeutique défini. L'hypnose est orientée vers un but — elle travaille avec l'inconscient pour reconfigurer une association, renforcer une ressource, ou modifier une réponse automatique.
Les deux pratiques partagent pourtant des mécanismes communs : régulation du système nerveux autonome, activation des ondes alpha et thêta, renforcement de la capacité attentionnelle. Elles sont complémentaires, non concurrentes. L'autohypnose peut d'ailleurs s'apprendre et se pratiquer comme une discipline quotidienne — au même titre que la méditation.
🔎 Si la méditation vous apprend à regarder passer les nuages sans vous laisser emporter, l'autohypnose vous apprend à choisir quel temps vous voulez qu'il fasse. Pas forcément mieux — différent. Et souvent, les deux ensemble sont plus puissants que chacun séparément.
→ Voir aussi : Autohypnose, Ondes cérébrales, Flow, Pleine conscience
Étymologie : grec metaphora — transport, transfert. De meta (au-delà, après) et pherein (porter, transporter). Une métaphore porte quelque chose d'un endroit à un autre — une signification d'un domaine vers un autre.
En hypnose ericksonienne, la métaphore n'est pas un outil rhétorique ou littéraire — c'est un outil thérapeutique central. Erickson racontait des histoires, des anecdotes, des fables — en apparence anodines, mais structurées pour que l'inconscient du client y trouve les ressources dont il avait besoin sans que le mental conscient ne déclenche ses mécanismes habituels de résistance.
Le principe : une suggestion directe — "vous allez vous sentir plus confiant" — active souvent la critique consciente. La même intention portée par une métaphore — l'histoire d'un arbre qui apprend à plier sans se rompre dans la tempête — passe sous les radars et atteint l'inconscient là où le changement se produit réellement.
La métaphore crée un espace de liberté dans lequel la personne peut trouver son propre sens, sa propre solution — plutôt que d'adopter celle que lui propose le thérapeute. C'est une invitation, pas une instruction. Et les invitations acceptées librement produisent des effets beaucoup plus durables que les ordres suivis sous contrainte.
🔎 Pourquoi les grandes religions, les grandes philosophies et les grands thérapeutes utilisent tous des histoires et des paraboles ? Parce que le cerveau humain est câblé pour apprendre par le récit, plutôt que par des listes de consignes. Erickson le savait mieux que personne.
→ Voir aussi : Suggestion, Hypnose ericksonienne, Inconscient, Suggestion post-hypnotique
Étymologie : grec plastikos — capable d'être façonné. De plassein : former, modeler comme l'argile. Le cerveau n'est pas un organe figé.
La plasticité cérébrale (ou neuroplasticité) est la capacité du cerveau à se modifier structurellement et fonctionnellement en réponse à l'expérience, à l'apprentissage ou à la thérapie. Cette propriété, longtemps sous-estimée, est au cœur des neurosciences contemporaines.
Elle explique pourquoi les thérapies brèves comme l'hypnose peuvent produire des changements durables : en créant de nouvelles associations, de nouveaux schémas attentionnels, l'expérience hypnotique reconfigure littéralement certaines connexions cérébrales. Le cerveau n'est pas câblé une fois pour toutes — il se réorganise tout au long de la vie.
🔎 Le cerveau, c'est comme un sentier dans la forêt : plus on l'emprunte, plus il est tracé. L'hypnose, c'est tracer de nouveaux sentiers — des voies de passage alternatives quand l'ancien chemin vous mène toujours au même endroit.
Étymologie : onde, latin unda (eau en mouvement, vague) — cérébral, latin cerebrum (cerveau). Les oscillations électriques du cerveau ressemblent aux vagues : elles ont une fréquence, une amplitude, un rythme.
Les ondes cérébrales sont des oscillations électriques produites par l'activité synchronisée des neurones, mesurables par EEG. Leur fréquence varie selon l'état mental : Beta (activité ordinaire, vigilance, stress) — Alpha (relaxation éveillée, concentration douce) — Thêta (somnolence, créativité, accès à la mémoire profonde) — Delta (sommeil profond, récupération).
En hypnose légère à modérée, le cerveau produit principalement des ondes Alpha et Thêta — le même spectre que lors d'une méditation profonde ou d'un état de créativité intense. C'est cet état qui rend les associations mentales plus souples et l'accès aux ressources inconscientes plus fluide.
🔎 Si votre cerveau était une radio, Beta ce serait la fréquence d'une journée de bureau sous deadline. Alpha/Thêta ce serait la fréquence de la douche du dimanche matin — quand les meilleures idées arrivent. L'hypnose, c'est apprendre à mettre la radio sur cette fréquence volontairement.
Étymologie : grec phobos — peur, terreur, fuite. Phobos était aussi le dieu grec de la peur et de la panique, fils d'Arès et d'Aphrodite.
Une phobie est une peur intense, persistante et reconnue comme disproportionnée par la personne qui en souffre. Elle déclenche une réponse d'évitement qui peut sérieusement restreindre la vie quotidienne. Phobies spécifiques (araignées, hauteurs, sang, avion), agoraphobie, phobie sociale — les formes sont nombreuses, le mécanisme est le même.
Ce mécanisme : une association entre un stimulus et une réponse de peur intense, souvent apprise ou héritée d'une expérience passée. L'hypnose ericksonienne est particulièrement efficace sur les phobies spécifiques — en travaillant directement sur cette association conditionnée, sans nécessairement revivre l'événement fondateur de façon traumatique.
🔎 Une phobie, c'est un peu comme une alarme incendie qui se déclenche quand on fait brûler des toasts. Le mécanisme fonctionne — mais le réglage n'est plus adapté à la réalité. L'hypnose aide à recalibrer l'alarme.
Étymologie : latin praeparare — préparer à l'avance. De prae (avant) et parare (préparer, équiper). Préparer l'esprit avant que le corps agisse.
La préparation mentale est l'ensemble des techniques psychologiques visant à optimiser les performances dans des situations à enjeu — sportives, artistiques, professionnelles, académiques. Elle travaille sur la gestion du stress, la concentration, la visualisation, la confiance en soi, la récupération après l'échec et la régulation émotionnelle sous pression.
L'hypnose ericksonienne est l'un des outils les plus efficaces de la préparation mentale. En état de transe légère, on peut travailler sur la visualisation de la performance souhaitée — créant dans le cerveau des représentations aussi vivaces que l'expérience réelle, ce que les neurosciences appellent la simulation mentale. On peut ancrer des états de confiance et de concentration mobilisables à la demande, et travailler sur les croyances qui limitent la performance.
Ses applications : préparation aux examens et concours, préparation aux prises de parole en public, préparation sportive (compétition, concert, entretien d'embauche), gestion du trac scénique.
🔎 Les grands sportifs n'attendent pas d'être sur le terrain pour performer — ils ont déjà gagné la course des centaines de fois dans leur tête. La préparation mentale, c'est s'entraîner à une réalité qui n'a pas encore eu lieu — pour qu'elle soit déjà familière quand elle se produit.
→ Voir aussi : Autohypnose, Ancrage, Flow, Confiance en soi, Visualisation
Acronyme apparu dans le Code du travail français avec l'Accord National Interprofessionnel de 2020, remplaçant le précédent QVT (Qualité de Vie au Travail). L'ajout de "Conditions" marque un glissement important : de l'individu vers l'organisation.
La QVCT désigne l'ensemble des conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail — et leur capacité à s'exprimer et à agir sur leur propre activité. Elle recouvre la santé physique et psychique, les relations de travail, le sens donné à l'activité, l'équilibre vie professionnelle / vie personnelle, et le contenu du travail lui-même.
La distinction QVCT / QVT est plus qu'un changement de sigle : elle signale que la qualité de vie au travail ne dépend pas seulement du bien-être individuel mais aussi de l'organisation, du management, des processus. Ce déplacement a des implications directes pour les pratiques d'accompagnement : l'autohypnose et les ateliers de régulation du stress ne remplacent pas les mesures organisationnelles — ils les complètent.
Les ateliers d'autohypnose proposés par Alténoïa en entreprise s'inscrivent explicitement dans cette logique : ils agissent sur la capacité individuelle à réguler le stress et à préserver la qualité de présence — sans prétendre résoudre les causes organisationnelles que ni la respiration ni l'hypnose ne peuvent ni ne doivent effacer.
🔎 La QVCT, c'est la différence entre une entreprise qui installe des baby-foot pour que ses salariés oublient leurs conditions de travail — et une entreprise qui travaille réellement sur ce qui, dans l'organisation, crée l'épuisement. L'autohypnose appartient à la seconde logique.
→ Voir aussi : RPS, Burn-out, Stress, Autohypnose, Symétrie des attentions
Étymologie : ressource, vieux français ressource — ce qui permet de se relever. De re (à nouveau) et sourdre (surgir, jaillir). Quelque chose qui remonte de l'intérieur.
Les ressources internes désignent l'ensemble des compétences, expériences, qualités et capacités qu'une personne a développées au fil de sa vie — et qu'elle n'utilise pas toujours dans les situations qui en auraient pourtant besoin.
C'est le postulat central de l'hypnose ericksonienne : vous avez déjà en vous ce dont vous avez besoin. Le travail du praticien n'est pas de vous apporter des solutions extérieures — c'est de créer les conditions pour que vous accédiez à ce que vous savez déjà faire, à ce que vous avez déjà traversé.
🔎 Imaginez quelqu'un qui cherche ses clés depuis une heure — et qui les retrouve dans sa propre poche. Les ressources internes, c'est ça : ce qui était là depuis le début, mais qu'on ne pensait pas à chercher là.
Terme codifié dans le droit du travail français à partir du rapport Nasse-Légeron (2008). "Psychosocial" combine psyché (l'esprit) et social (les relations) — signalant que ces risques se situent à l'interface entre l'individu et son environnement de travail.
Les RPS désignent les situations de travail qui exposent les salariés à un risque pour leur santé mentale et physique. L'INRS identifie six catégories de facteurs de risques :
Intensité et temps de travail
Exigences émotionnelles
Manque d’autonomie
Rapports sociaux au travail dégradés
Conflits de valeurs
Insécurité de la situation de travail
Les RPS ne sont pas des faiblesses individuelles — ils sont des signaux d'alarme systémiques. Un salarié en burn-out n'est pas quelqu'un qui "n'a pas su gérer son stress" : c'est le plus souvent quelqu'un d'impliqué, de consciencieux, qui a donné trop longtemps trop de lui-même dans des conditions qui ne le permettaient pas.
La prévention des RPS en entreprise s'articule à trois niveaux : primaire (supprimer ou réduire les facteurs de risque organisationnels), secondaire (renforcer les capacités individuelles de régulation — c'est là qu'interviennent les ateliers d'autohypnose), tertiaire (accompagner les personnes déjà atteintes). Alténoïa intervient principalement au niveau secondaire.
🔎 Un RPS, c'est quand l'organisation du travail dépasse durablement les ressources de la personne pour y faire face. Ce n'est pas une question de "courage" ou de "fragilité". C'est une question d'équilibre entre ce qu'on demande et ce qu'on donne les moyens de faire.
→ Voir aussi : Burn-out, QVCT, Stress, Autohypnose, Symétrie des attentions
Étymologie : latin somnus — dieu du sommeil dans la mythologie romaine, équivalent d'Hypnos chez les Grecs. Les deux dieux — Hypnos et Somnus — sont frères de Thanatos, le dieu de la mort. Les Anciens avaient compris que sommeil et hypnose partagent quelque chose d'essentiel — et quelque chose de radicalement différent.
Le sommeil est un état physiologique actif — pas une simple mise en veille. Il se déroule en cycles de 90 minutes alternant sommeil lent (léger puis profond) et sommeil paradoxal (le sommeil des rêves). Chaque phase a ses fonctions : consolidation mémorielle, régénération cellulaire, régulation émotionnelle, traitement des expériences de la journée.
Les troubles du sommeil — insomnies d'endormissement, réveils nocturnes, hyperéveil chronique — sont souvent liés à un système nerveux qui ne parvient plus à passer du mode alerte au mode repos. L'esprit continue de tourner quand le corps voudrait s'arrêter. C'est précisément sur ce mécanisme que l'hypnose ericksonienne et l'autohypnose agissent.
Les études montrent que l'hypnose peut augmenter le temps de sommeil lent profond jusqu'à 80% chez les personnes suggestibles. En pratique, les techniques d'autohypnose pour le sommeil — inductions légères, visualisations, techniques de relaxation progressive — permettent de recréer les conditions physiologiques et mentales de l'endormissement, sans médicament et mobilisables seul.
🔎 Le sommeil, c'est l'activité la plus importante de votre journée — et la seule que vous ne pouvez pas forcer. Vous pouvez vous contraindre à courir, à travailler, à manger. Vous ne pouvez pas vous contraindre à dormir. L'autohypnose ne force pas le sommeil — elle crée les conditions pour qu'il veuille bien arriver.
→ Voir aussi : Autohypnose, Ondes cérébrales, Stress, Anxiété
Étymologie : anglais stress, issu du vieux français destresse (détresse) et du latin districtus (serré, contraint). Popularisé en physiologie par Hans Selye en 1936.
Le stress est la réponse physiologique de l'organisme à toute demande d'adaptation. Selye distinguait l'eustress (stress positif, mobilisateur) du distress (stress négatif, épuisant). La réponse au stress — libération de cortisol et d'adrénaline, tensions musculaires, accélération cardiaque — est une réponse de survie. Utile face à un danger réel. Destructrice quand elle devient chronique.
L'autohypnose agit directement sur ce mécanisme en activant la réponse parasympathique — le système nerveux du repos et de la récupération. En quelques minutes de pratique, elle permet de ramener l'organisme à un état d'équilibre — mobilisable au bureau, dans les transports, avant une réunion difficile.
🔎 Le stress chronique, c'est comme laisser le moteur tourner à plein régime en étant garé. Ça consomme, ça chauffe, et à terme ça casse. L'autohypnose, c'est apprendre à couper le moteur — et à ne le relancer que quand on en a vraiment besoin.
→ Voir aussi : Anxiété, Burn-out, Ondes cérébrales
Étymologie : latin suggestio — action de porter sous, de glisser discrètement. De sub (sous) et gerere (porter). Une suggestion se glisse là où une injonction bute et souvent rebute !
En hypnose, une suggestion est une invitation faite à l'inconscient — une proposition d'envisager, de ressentir ou de percevoir les choses autrement. Elle se distingue de l'ordre par son caractère permissif : elle ouvre un espace sans forcer une direction.
L'hypnose ericksonienne privilégie les suggestions indirectes — métaphores, histoires, questions orientées — plutôt que les ordres directs. Cette approche respecte l'autonomie de la personne tout en contournant les résistances conscientes qui bloquent souvent le changement. Une suggestion ne peut produire d'effet que si elle est en accord avec les valeurs profondes de la personne.
🔎 Une suggestion, c'est comme l'odeur d'un bon plat qui vient de la cuisine : elle ne vous oblige pas à manger, elle ne vous commande rien — mais elle crée les conditions pour que l'envie arrive d'elle-même.
Étymologie : latin post (après) + hypnotique. Une suggestion qui continue d'agir après la fin de la séance — comme une graine plantée qui lève plus tard.
Une suggestion post-hypnotique est une suggestion faite pendant l'état hypnotique, destinée à se manifester après le retour à l'état de veille ordinaire — lors d'une situation précise, d'un stimulus particulier, ou simplement dans les jours qui suivent. C'est l'un des phénomènes les plus documentés et les plus utiles de l'hypnose clinique.
Son fonctionnement : en état de transe, l'inconscient est plus réceptif aux suggestions. Si le praticien propose — de façon indirecte et permissive — qu'à chaque fois que la personne sent le besoin de fumer elle ressente à la place une profonde satisfaction de ne pas le faire, cette association peut persister et s'activer automatiquement dans les situations concernées. Sans effort conscient. Sans lutte de volonté.
La suggestion post-hypnotique ne "programme" pas la personne contre sa volonté — elle ne peut opérer que si elle est en accord avec les valeurs et les désirs profonds de la personne. Elle est l'outil par excellence de la thérapie brève : une séance peut planter des graines dont les effets continuent de se développer pendant des semaines.
🔎 La suggestion post-hypnotique, c'est un peu comme un message qu'on s'envoie à soi-même dans le futur — mais en passant par la porte de service plutôt que par l'entrée principale, là où les gardiens habituels de la raison ne filtrent pas aussi sévèrement.
→ Voir aussi : Suggestion, Transe, Autohypnose, Ancrage, Métaphore
La Symétrie des Attentions©, concept déposé par l'Académie du Service, repose sur un postulat simple mais exigeant : la qualité de la relation entre une entreprise et ses clients est égale à la qualité de la relation de cette entreprise avec ses propres collaborateurs. (Du Management au marketing des services, de Charles Ditandy et Benoît Meyronin, Dunod, 2007).
Les 11 dimensions de la Symétrie des Attentions© :
Le Bloc Culturel (L'ADN de l'entreprise)
Valeurs et Comportements : La mise en pratique réelle des valeurs affichées.
Vision et Stratégie : La clarté du cap et l'implication de chacun.
Gouvernance et Management : La manière dont le pouvoir et l'exemplarité circulent.
Le Bloc Relationnel (L'humain au cœur)
Écoute et Dialogue : La capacité de l'organisation à entendre ses salariés.
Reconnaissance et Feedback : Valoriser l'effort et le résultat.
Confiance et Autonomie : La liberté d'agir sans contrôle excessif.
Coopération et Esprit d'équipe : La fluidité entre les services (fin des silos).
Environnement de Travail : Les outils, les espaces et le cadre physique.
Le Bloc Opérationnel (Le quotidien)
Compétences et Formation : Le développement continu des individus.
Parcours et Évolution : Les perspectives d'avenir au sein de la structure.
Bien-être et Équilibre : La prise en compte de la santé et de la vie personnelle.
Dans les centres de relation client ou les services de Front-Office, les employés sont soumis à une charge émotionnelle intense (agressivité, répétitivité, injonctions paradoxales).
Proposer des ateliers d'autohypnose agit directement sur plusieurs dimensions de la Symétrie des Attentions :
Prévention des RPS et QVCT (Dimension 11)
L'autohypnose n'est pas une simple "pause" ; c'est un outil de régulation émotionnelle autonome.
Désamorçage immédiat : Face à un client agressif, le collaborateur formé peut utiliser des techniques d'ancrage ou de modification de perception pour ne pas "épouser" la colère de l'interlocuteur. On évite ainsi l'érosion psychique.
Récupération flash : Entre deux appels complexes, l'autohypnose permet une récupération nerveuse profonde en quelques minutes, prévenant l'épuisement professionnel (burn-out).
Développement des Compétences (Dimension 9)
Considérer l'équilibre mental comme une "compétence" change la donne.
Intelligence émotionnelle : En apprenant à observer ses propres processus (l'attention flottante chère à Erickson), le conseiller gagne en recul. Il passe de la réaction à la réponse maîtrisée.
Soft Skills : C’est une formation qui valorise l'individu au-delà de sa fonction technique, renforçant le sentiment d'être considéré comme un sujet, et non comme un simple rouage.
L'impact sur l'Expérience Client (L'effet miroir)
C'est ici que la Symétrie s'accomplit :
Qualité de présence : Un collaborateur qui sait s'apaiser par l'autohypnose offre une écoute plus authentique. Moins pollué par son propre stress, il est plus disponible pour la demande du client.
Réduction de la contagion émotionnelle : Si l'employé reste serein, l'agressivité du client diminue mécaniquement. La transe légère du praticien (le conseiller) peut induire, par résonance, un apaisement chez le client.
🔎L'angle "Juste" : Plutôt que de demander aux salariés de "mieux gérer leur stress" (ce qui est culpabilisant), vous leur proposez de "récupérer leur autonomie attentionnelle". C'est un message de respect et de considération qui nourrit directement la Dimension 5 (Reconnaissance) de la Symétrie.
→ Voir aussi : QVCT, RPS, Burn-out, Stress, Autohypnose
Étymologie : latin transire — passer au-delà, traverser. La transe désigne un état de passage entre deux modes de conscience — ni tout à fait ici, ni tout à fait ailleurs.
La transe hypnotique n'est ni un sommeil, ni une perte de contrôle. C'est ce moment de présence intense où l'on cesse de lutter avec ses pensées pour laisser le corps et l'esprit retrouver leur fluidité. C'est un peu comme s'immerger dans une musique : on ne "réfléchit" plus aux notes, on se laisse porter par l'harmonie. En séance, cet état permet de débloquer des solutions que la réflexion logique ne parvient plus à atteindre.
Ce qui change : l'attention est davantage tournée vers l'intérieur que vers les stimuli extérieurs. Le mental conscient s'apaise — l'accès aux ressources inconscientes devient plus fluide. La profondeur de la transe n'est pas un indicateur d'efficacité. Erickson disait : « Quand on sait nager, on se fiche de connaître la profondeur de l'eau. »
🔎 Vous connaissez la transe : c'est cet état où vous fixez un point sans le voir, perdu dans vos pensées, et où quelqu'un vous appelle trois fois avant que vous répondiez. Ce n'est pas inquiétant — c'est naturel. L'hypnose apprend juste à y entrer volontairement.